Utilisation de sources d’énergie locales
Votre collectivité se préoccupe-t-elle de plus en plus des couts élevés du combustible, de la dépendance à l’égard de l’approvisionnement en énergie importée et des effets environnementaux de ses choix énergétiques? Si oui, le groupe des systèmes énergétiques dans les collectivités peut aider votre communauté à satisfaire ses besoins en énergie d’une manière plus efficace et rentable. Cette fiche technique fait partie d’une série d’études de cas qui met l’accent sur la façon dont notre groupe peut vous aider à déterminer et à développer les possibilités d’utilisation du chauffage et de la climatisation, de la production combinée de chauffage et d’électricité, de la récupération de la chaleur résiduelle et des sources locales d’énergies renouvelables.
Charlottetown, avec une population d’environ 32 531 habitants, est située presque au centre de l’Ile longue de 224 kilomètres. La recherche d’une source énergétique de remplacement a débuté pour cette province à la fin des années 1970. Dépourvue de tout combustible fossile d’origine en quantité commerciale, l’Île-du-Prince-Édouard a, de tout temps, été dépendante du pétrole et de l’électricité importés.
Chaque année, les habitants de la province produisent de substantiels volumes de déchets, tandis que les terrains d’enfouissement atteignent leurs capacités limites. On s’est donc concentré sur la possibilité de produire de l’énergie à partir des déchets urbains. En plus, la moitié du territoire de la province est couvert de terrains boisés. Bien que plusieurs des espèces d’arbres que l’on y retrouve ne répondent pas aux normes de l’industrie forestière, elles représentent, cependant, une excellente source de combustible à bas prix disponible au niveau local. Avec une telle abondance de déchets et d’arbres prêts à être cueillis, un réseau de chauffage de quartier fonde sur la biomasse apparaissait ainsi comme le choix logique pour la province.
Le réseau
En 1983, la centrale de production énergétique à partir de déchets, laquelle visait à transformer les déchets urbains en vapeur, entreprenait ses opérations. Trois ans plus tard était inauguré le premier réseau canadien de chauffage de quartier à l’eau chaude fonctionnant par combustion de copeaux de bois. Ce réseau, alors possédé et exploite par la province, faisait partie intégrante du développement économique et de la stratégie environnementale de l’Île-du-Prince-Édouard.
La centrale de production énergétique à partir de déchets brule approximativement 30 000 tonnes de déchets urbains solides par année et fournit 48 millions de kilogrammes de vapeur aux hôpitaux Reine-Élizabeth et Hillsborough, alors que le reste de l’énergie produite est acheminée vers le réseau de chauffage de quartier à l’eau chaude. Ce bilan se solde par l’élimination de quelques 7,7 millions de litres de pétrole. L’utilisation de déchets urbains a permis aux divers terrains d’enfouissement de conserver leurs capacités et de diminuer les exigences en matière d’enfouissement de ces produits de 90 %. L’utilisation de déchets provenant de scieries, soit environ 50 000 tonnes par année, en tant que sources d’énergie contribue également à l’élimination d’un autre 7,6 millions de litres de pétrole.
Au début, le réseau de Charlottetown a produit, à pleine capacité, une charge totale de chaleur de 33 MW et une charge totale d’électricité de 1,2 MW. Le réseau de distribution a été conçu pour produire une température maximale de 120 Celsius et une pression maximale de 1 722 kPa. Le réseau de chauffage et de cogénération de quartier de Charlottetown s’étend sur 15 kilomètres entre la centrale de production énergétique à partir de déchets et les bâtiments qui en sont clients au centre de la ville et dans le secteur entourant l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.
En 1997, la centrale de production énergétique à partir de déchets a été l’objet de travaux d’amélioration et d’expansion valant plusieurs millions de dollars, dont l’ajout d’une chaudière de récupération de la chaleur et d’un réseau de combustion des déchets du bois. On a également installé un équipement antipollution à la fine pointe de la technologie, ainsi qu’un système multi cyclonique d’élimination des particules dans le circuit des déchets du bois.
L’eau au sein de la centrale est chauffée pour produire de la vapeur destinée soit aux chaudières de récupération de la chaleur, soit aux chaudières de combustion des déchets du bois. Lors des travaux d’élargissement, on a ajouté une nouvelle chaudière de récupération de la chaleur dotée d’une capacité de 7,9 MW. La chaudière la plus ancienne, d’une capacité de 4,9 MW, sert de système de secours. La vapeur produite à la centrale permet le fonctionnement d’une turbine qui fabrique de l’électricité pour des utilisations sur place ou dans le réseau local. La vapeur provenant de la turbine à contre-pression est transformée en eau chaude pour le réseau de chauffage de quartier.
Actuellement, le réseau de cogénération et de chauffage de quartier fournit de la chaleur à plus de 80 édifices. Parmi les principaux clients, on retrouve le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, l’hôpital Reine-Élizabeth, l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Atlantic Veterinary College, deux centres commerciaux, de grands édifices commerciaux, des magasins au détail, des immeubles à appartements et quelques maisons privées.
Avantages
- La ville de Charlottetown a réduit sa dépendance à l’égard du pétrole importe alors que 45 % de ces besoins en combustible provient des déchets urbains et 45 % des déchets de scierie.
- Selon les estimations, sur chaque dollar dépensé pour produire des combustibles à partir de la biomasse, 0,70 $ demeurent dans l’économie locale par rapport à 0,10 $ sur chaque dollar dépensé dans le pétrole
- Selon les estimations, les émissions de CO2 seraient réduites chaque année de 48 900 tonnes et les émissions de SOx de 135 tonnes.
- Le réseau a suscité de nouvelles possibilités pour les exploitants de scieries